Les femmes de Kangni Dossou Condji
Nous sommes partis à la découverte des femmes du village de la commune des Lacs 4, appelé Kangni Dossou Condji. De prime abord, une communauté chaleureuse, qui nous a accueilli de la plus belle des manières, en chanson. Au cœur de la localité d’Anfoin, une communauté de femmes se distingue par leur courage, leur solidarité et leur détermination à bâtir une économie locale durable. Leur quotidien s’articule autour d’activités essentielles à la vie du village et à la sécurité alimentaire de leurs familles : l’élevage de chèvres et de poulets, ainsi que la culture du manioc et sa transformation en produits prêts à consommer. Grâce à un savoir-faire transmis de génération en génération, elles contribuent activement à l’approvisionnement des marchés voisins et à la valorisation des ressources agricoles locales.
Des activités agricoles au centre de leur dynamisme Le manioc représente l’une des principales cultures d’Anfoin. Les femmes s’investissent dans toutes les étapes : plantation, récolte, transformation en gari, tapioca ou boules prêtes à consommer. Malgré l’absence de matériel moderne, elles continuent d’assurer une production régulière, souvent réalisée à la main. En parallèle, l’élevage de chèvres et de volailles constitue un second pilier économique. Ces élevages, modestes mais essentiels, servent à la fois de source financière, d’alimentation et de capital de précaution pour les familles. Des défis persistants freinant leur potentiel Si la volonté et le dévouement ne manquent pas, les obstacles sont nombreux. D’abord, l’accès aux intrants agricoles demeure très limité. Les engrais, pourtant indispensables pour améliorer les rendements, sont trop coûteux et donc inaccessibles pour la majorité d’entre elles. À cela s’ajoute le manque de machines pour la transformation du manioc : râpeuses mécaniques, séchoirs, moulins… Autant d’équipements qui pourraient alléger leurs efforts physiques, améliorer la qualité des produits et réduire les pertes post-récolte. Le transport constitue également un frein majeur. Sans moyen propre pour se déplacer, les femmes dépendent des taxis pour acheminer leurs produits vers les marchés voisins. Cette contrainte augmente leurs frais et réduit la marge bénéficiaire déjà fragile de leurs activités.
Une absence criante de services publics essentiels Le quotidien des femmes de Kangni Dossou Condji est aussi marqué par une insuffisance persistante d’infrastructures publiques. L’éclairage public fait défaut, plongeant une grande partie du village dans l’obscurité dès la tombée de la nuit, réduisant ainsi la sécurité et limitant l’activité sociale. Les établissements scolaires école primaire et collège sont insuffisants ou inadéquats, ce qui impacte profondément l’éducation des enfants du village. De même, l’absence de clinique de soins oblige les habitants, notamment les femmes et les enfants, à parcourir de longues distances pour recevoir une assistance médicale, parfois dans des situations d’urgence. Vers de nouveaux projets communautaires Malgré ces difficultés, la communauté des femmes Kagni Dossou Condje se projette vers l’avenir avec espoir. Parmi les initiatives envisagées, la construction d’un toilette communautaire apparaît comme une priorité. Non seulement ce projet améliorerait l’hygiène publique, mais il constituerait également une avancée majeure en matière de santé, de dignité et de bien-être pour l’ensemble du village. Avec un soutien adapté, matériel, financier, logistique et social, elles pourraient non seulement renforcer leurs activités, mais aussi transformer durablement les conditions de vie de leur communauté. Leur histoire témoigne d’un potentiel immense, prêt à s’épanouir dès que les moyens nécessaires seront réunis.